Toxicité des substances chimiques, Analyse Toxicologique.
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CCM Multi-système
La chromatographie sur couche mince ou chromatographie planaire (CCM, en anglais TLC pour Thin layer chromatography) est une technique de chromatographie couramment utilisée pour séparer des composants dans un but d'analyse (CCM analytique) ou de purification (CCM préparative).
Elle comprend :
Une phase stationnaire : une couche mince de matériel adsorbant (usuellement du gel de silice, de l'oxyde d'aluminium ou de la cellulose) de 100-200 mm généralement déposée sur une plaque rectangulaire en verre, en aluminium, de quelques cm de côté. On distingue 3 étapes :
Préparation des plaques
Dépôt de l’échantillon
Développement des plaques
Le développement des plaques se fait sur des milieux spécifiques dits phases liquides.
Une phase liquide, dite phase mobile ou éluant est un solvant ou un mélange de solvants qui va entraîner les composés à séparer le long de la phase stationnaire.
Généralement, le phénomène d’adsorption est prépondérant (mais il y a également partage si le solvant est un mélange).
La chromatographie sur couche mince multi-système se fait sur 4 systèmes de phases mobiles dans des milieux clos suffisamment saturés dans cuves d’élution, à savoir TA, TD, TE, TB
Cuves de développement des plaques (4) (en verre borosilicaté dimensions : hauteur : 14 cm, largeur 13 cm, épaisseur : 9 cm.)
Cuves de développement des plaques
Ampoules à décanter (4)
Cristallisoirs (4)
Préparation des phases mobiles
Dessiccation des plaques : 30 mn à 100°C dans l’étuve.
Préparation des phases mobiles :
La phase TA: Méthanol + Ammoniaque (50 : 0.750) ml volume : volume
La Phase TD: Chloroforme + Acétone (40 : 10) ml volume : volume
La phase TE: Ethyle Acétate, Méthanol, Ammoniaque (42.3 : 5 : 2.5) ml volume :volume :volume.
La phase TB: Cyclohexane, Toluène, Diéthylamine (37.5 : 7.5 : 5) ml volume : volume : volume
Laisser saturer les cuves pendant au moins 30mn.
ExtractionProcéder à une extraction acide à l’éther et basique au dichlorométhane (se référer au chapitre « identification des toxiques »).Séchage :
L’extractum (phase organique) récupéré après déshydratation (au sulfate de sodium anhydre) et filtration à l’aide d’un papier filtre, dans des cristallisoirs en verre et desséché sur la plaque chauffante.
Dépôt de l’échantillon
On commence par déposer un petit volume (compris entre quelques nanolitres et plusieurs microlitres) de l’échantillon en solution diluée, à proximité du bord inférieur de la plaque sous forme d’une tache de 1 à 3 mm de diamètre. Ce dépôt est réalisé soit manuellement, soit de manière automatique, avec un capillaire à extrémité plane (fig. 5.1). La tache peut également avoir la forme d’un trait horizontal de quelques mm, obtenu par pulvérisation de l’échantillon au moyen d’un dispositif automatique dont l’intérêt est de pouvoir maîtriser la reproductibilité des quantités déposées, ce qui est indispensable en analyse quantitative.
La plaque ainsi préparée est introduite dans une cuve spéciale munie d’un couvercle, au fond de laquelle se trouve un peu de la phase mobile servant d’éluant. L’endroit où l’échantillon se trouve doit être situé au-dessus du niveau d’immersion.
Appareil de dépôt automatique en CCM et de lecture de plaque. Applicateur Linomat IV programmable, et densitomètre mesurant la lumière réfléchie ou transmise par la plaque. Le schéma optique est assez semblable à celui d’un spectromètre UV/Visible (modèle Scanner 3, reproduit avec l’autorisation de la société Camag).
On utilise des plaques de 10x10 cm pour 8 points de dépôts.
On dépose pour chaque plaque, la molécule de référence (voir tableau dans la section ‘annexes’) du système de migration et une molécule étalon.
Pour le système TA on dépose 4 points de l’extractum alcalin et un point de l’extractum acide.
Inversement pour le TD on dépose 4 points de l’extractum acide et un point de l’extractum alcalin.
On dépose en parallèle pour le système TE ss2 points de l’extractum acide et 2 points de l’extractum basique.
Même étape précédente pour le système TB si les trois milieux précédents n’ont pas permis de séparer les substances en question.
Développement des plaques
La phase mobile migre par capillarité à travers la phase stationnaire sèche, entraînant à des vitesses différentes les constituants à séparer. Le temps de migration (plusieurs minutes) dépend de divers paramètres. Quand le front de solvant a parcouru une distance considérée comme suffisante (quelques centimètres), on retire la plaque de la cuve, on repère la position limite atteinte par la phase mobile et on évapore cette dernière.
Lorsqu’on utilise une plaque à polarité de phase inversée (« RP−TLC »), l’éluant comporte de l’eau. Il est alors utile d’ajouter un sel, tel du chlorure de lithium, pour limiter les phénomènes de diffusion et augmenter ainsi la résolution.
Le solvant met environ 20 mn pour atteindre le front.Tableau de référence des Rf (rapports frontaux)
Nous avons procédé à un traitement de 21 étalons (y compris les molécules de référence Amitriptyline (TA) Paracétamol (TD) Prazépam (TE) et Trimipramine (TB)). La même procédure a été répétée 3 fois par trois manipulateurs différents mais toujours dans les mêmes conditions opératoires.
Le tableau ci-dessous montre les valeurs moyennes des Rf obtenus après les 3 manipulations.
A noter que pour une même molécule, les valeurs des Rfs retenues sont seules qui présentaient un écart type faible au cours des 3 manipulations.
Tableau 1: Rapport frontaux des substances médicamenteuses.
Rapport frontaux (RF) x 100
Molécule
TA
TD
TE
TB
Glimépiride
86
55
12
0
Prednisone
86
21
62
0
Betametazone
85
40
78
0
Atorrvastatine
85
8
2
0
Valsartan
85
10
1
0
Gliclazide
85
10
0
Hydrocortisone
82
12
61
0
Paracétamol
79
24
66
0
Nifluril
81
35-55 (fusée)
16
0
Ketoprofen
81
59
2
0
Tétrazépam
80
68
89
47
Chlorazépate
80
40
80
8,7
Prazépam
81
69
88
5
Naproxène
80
67
5
0
Diclofénac
80
65
11
0
Acetazolamide
80
6
11
0
Flunastatine
80
0
0
0
Amiloride
80
6
55
0
Lansoprazole
80
8
49
0
DHE
80
0
55
0
Spironolactone
80
75
91
16
Piroxicam
80
67
16
0
Furosémide
79
16 (fusée)
6
0
Dompéridone
79
56
0
Zolpidem
79
21 (fusée)
72
8,75
Pyrazinamide
79
12
59
6
Diazépam
78
65
86
38
Bromazépam
78
9
77
4
Rifampicine
7
12
Metronidazole
78
56
84
11
Hydrochlorothiazide
78
6
46
0
ketoprofène
78
56
4
0
Indométacine
78
42
10
0
Halopéridol
76
0
86
21
Ketoconazole
76
4
65
0
Lamotrigine
76
0
62
0
Fluconazole
75
5
45
0
Carvedilol
74
0
72
4
Amiodarone
73
7,5
79
96
Carbamazépine
72
35
69
6,2
Atarax
72
0
63
16
Amiloride
72
2
55
0
Atropine
71
27
69
0
Dextropropoxyphène
70
4
89
0
Miansérine
68
10
82
59
Trimipramine
66
0
90
84
Lévomépromazine
62
0
90
74
INH
62
9
30
0
Flecainide
62
1,25
68
5
Sertraline
59
0
85
70
Amitriptyline
56
0
80
75
Propranolol
57
0
62
12
Métoprolol
55
0
60
14
Chlorpromazine
53
0
86
72
Clomipramine
53
0
86
80
Ranitidine
52
0
34
0
Salbutamol
51
56
20
0
Ketotifen
49
1
71
31
Imipramine
48
0
82
76
Aténolol
46
0
12
0
Oméprazole
45
10
68
0
Polaramine
45
61
0
0
Acébutolol
41
0
29
0
Sulpiride
40
0
38
0
Codéine
38
38
10
0
Fluoxétine
34
0
49
22
Cyanocobalamine
34
0
0
0
Cocaine
30
0
0
0
Amlodipine
30
0
31
2,5
Paroxétine
25
0
49
10
Pseudoephedrine
21
0
12
9
Betahistidine
12
0
6
8
Captopril
6
0
0
0
Metformine
4
0
1
0
Ibuprofène
0
74
7
0
Note : Les valeurs des rapports frontaux dans le tableau sont multipliées par 100.
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