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Méthémoglobinémies et sulfhémoglobinémies

La méthémoglobine et la sulfhémoglobine sont des dérivés de l’hémoglobine responsables de cyanose et impropres au transport de l’oxygène. Dans la méthémoglobine, l’oxydation de l’atome de fer de l’hème est à l’origine du spectre d’absorption caractéristique qui en permet le diagnostic.

Les molécules d’hème oxydées se distribuent au hasard dans le tetramère hémoglobinique, ce qui explique la présence dans l’érythrocyte de toutes les formes théoriquement possible d’hybrides de valence.

Environ 3% de l’hémoglobine est oxydé quotidiennement en méthémoglobine, celle-ci est immédiatement réduite grâce à un système enzymatique reposant essentiellement sur l’activité de la cytochrome b5 réductase.

Sommaire

Rappels sur l’hémoglobine

Structure 3D de l'hémoglobine humaine.OMIM : 141900 141800 141749
Structure 3D de l’hémoglobine humaine.

L’hémoglobine est une chromoprotéine de poids moléculaire PM=64500 Daltons appartenant à la famille des protéines globulaires.

La principale fonction est le transport du dioxygène dans l’organisme humain.

L’hémoglobine se trouve essentiellement à l’intérieur des érythrocytes (13,5 à 17,5 g/dl chez l’homme et 12,5 à 15,5 g/dl chez la femme[1]SUPPLÉMENTATION AU COURS DE LA GROSSESSE [Internet]. [cited 2014 Mar 23]. ...continue – en grammes d’hémoglobine par dl de sang) ce qui leur confère leur couleur rouge.

L’hémoglobine est formée de 2 parties : un pigment porphyrique appelé l’hème et une partie protéique appelée globine. On la symbolise par « Hb ». Une molécule d’hème est constituée d’un ion fer complexé par une porphyrine.

 

La globine est formée de quatre chaines dont 2 α et 2 non-α.

Chez l’adulte, les deux chaînes α sont composées de 141 acides aminés chacune et les deux chaînes β (non-α) de 146 acides aminés chacune (ce qui donne un total de 574 acides aminés pour l’hémoglobine). Chacune de ces chaînes est associée à un groupement prosthétique : l’hème.

 

Hème
Structure de l’hème

L’hème est un cofacteur qui contient un métal, souvent du fer, servant à accueillir un gaz diatomique (par exemple du dioxygèneO2) au centre d’un large anneau organique appelé porphyrine. Toutes les porphyrines ne contiennent pas nécessairement un atome de fer mais la majorité des métalloprotéines qui contiennent des porphyrines ont en fait l’hème comme sous-unité prosthétique.

Il existe 3 types d’hème biologiquement importants :

  • L’hème b est le type d’hème le plus commun. L’hémoglobine et la myoglobine sont des exemples de protéines qui contiennent de l’hème b. L’hème b n’a pas de liaison covalente avec l’apoprotéine, étant coordonné à celle-ci par son cation ferreux.
  • L’hème a diffère de l’hème b en ce que sa chaîne latérale méthyle en position 8 est oxydée en aldéhyde et que sa chaîne latérale vinyle en position 3 est remplacée par un terpénoïde. Comme l’hème b, l’hème a n’est pas lié par covalence avec l’apoprotéine. Un exemple de protéine contenant de l’hème a est la cytochrome c oxydase.
  • L’hème c diffère de l’hème b en ce que les deux chaînes latérales vinyle sont liées par covalence à la protéine elle-même. Lecytochrome c et le complexe bc1 sont des exemples de protéines qui contiennent de l’hème c.

D’une manière générale, le nom des cytochromes tend à refléter — mais pas strictement — le type d’hème qu’ils contiennent. Ainsi, le cytochrome a contient de l’hème a, le cytochrome c contient de l’hème c.

Hème a Hème b Hème c Hème o
No CAS 18535-39-2 14875-96-8 26598-29-8 137397-56-9
PubChem 5288529 444097 444125 15719509
Formule brute C49H62FeN4O6 C34H32FeN4O4 C34H36FeN4O4S2 C49H58FeN4O5

Groupe fonctionnel en C3 –CHOH–CH2–Far –CH=CH2

–CH(cystéin-S-yl)CH3

–CHOH–CH2–Far
Groupe fonctionnel en C8 –CH=CH2 –CH=CH2 –CH(cystéin-S-yl)CH3 –CH=CH2
Groupe fonctionnel en C18 –CH=O –CH3 –CH3

–CH3

Formes de l’hémoglobine normale

Il existe 3 formes d’hémoglobine normale:

  1. Hb A (95 – 99% de l’Hb de l’adulte) = α2β2
  2. Hb A2 (1 – 3% de m’Hb de l’adulte) = α2δ2
  3. Hb F ou hémoglobine fœtale (0 – 2% chez l’adulte et 80 – 100% à la naissance) = α2γ2

Le gène codant pour la globine γ est situé sur le chromosome 11, à peu de distance de celui codant pour la globine β.[2]Site web: http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9moglobine_f%C5%93tale, consulté ...continue

Structure de l'oxyhémoglobine
L’hème dans l’oxyhémoglobine

Méthémoglobine

Lorsque l’atome de fer ferreux de l’hémoglobine (ion Fe2+) s’oxyde en fer ferrique (ion Fe3+) par un agent oxydant on obtient la méthémoglobine. L’ion ferrique est incapable de transporter l’O2, qui ne peut de fait être distribué aux tissus. À la différence de l’ion ferreux qui crée une liaison réversible avec la molécule de dioxygène parmi les 6 liaisons de coordination, permettant ainsi la libération de l’O2 et l’oxygénation des tissus.

Dans le sang normal des traces de la méthémoglobine sont présentes [3]Michel Vaubourdolle, Toxicologie, Sciences mathématiques, Physiques et ...continue :

  • 0.5 – 0.8% chez l’adulte.
  • 1.5% chez le nouveau-né.
  • 2% chez le prématuré.

Ces petites quantités de méthémoglobine proviennent de la synthèse d’oxydants (H2O…etc) au cours du métabolisme normal.

Structure de la méthémoglobine
Lde la méthémoglobine

 

On compte 3 types de méthémoglobinémies

  • Méthémoglobinémie acquise accidentelle

    • Observée au cours des intoxications par les méthémoglobinisants.
    • Dans ce cas les systèmes enzymatiques sont intacts , mais sont saturées.
  • Méthémoglobinémie congénitale récessive (héréditaire)

    • Due à un déficit génétique en système enzymatique réducteur , ce qui entraîne une accumulation de la méthémoglobine formée au fur et à mesure.
  • Méthémoglobinémie congénitale Dominante(HbM)

    • Due à une anomalie de la méthémoglobine qui stocke sous forme oxydée l’atome de fer alors que les systèmes enzymatiques sont parfaitement fonctionnels(par suite de mutations au niveau de l’enchaînement des acides aminés de la globine).
    • La méthémoglobine ne peut plus être réduite et cet état est irréversible.

Propriétés physicochimiques de la méthémoglobine

La méthémoglobine possède 2 maximums d’absorption: 500 et 632 nm.

– Le Fe3+ de la méthémoglobine réagit avec les ions CN- pour donner de la cyanméthémoglobine qui possède un maximum d ’absorption à 541 nm.

Les propriétés spectrales de la méthémoglobine sont exploitées pour le dosage et le diagnostic des méthémoglobinémies.

Sulfhémoglobine

La sulfhémoglobine est l’un des dérivés de l’hémoglobine les plus anciennement connus. Elle a été décrite dès 1863 par Hoppe-Seyler, qui a observé que, sous l’effet de l’hydrogène sulfuré (H2S), l’hémoglobine prenait une couleur verdâtre.

Dans la sulfhémoglobine, le fer de l’hème est bivalent et capable de transporter l’oxygène, mais avec une affinité 300 fois environ moindre que celle de l’hémoglobine. Il ne participe que de façon insignifiante aux échanges gazeux. Le spectre d’absorption de la sulfhémoglobine, qu’elle soit oxygénée ou désoxygénée, présente une très forte absorption dans le rouge, autour de 620 nm.

Spectre d'absorption de la sulfhémoglobine
Spectre d’absorption de la sulfhémoglobine

Berzofsky et al expliquent que la sulfhémoglobine est formée par une réaction en deux temps :

  1. Transformation en un dérivé plus oxydé la ferrylhémoglobine (HbFe4+O) en présence du peroxyde d’hydrogène.
  2. Libération d’un hydroxyle par la ferrylhémoglobine  et production de la sulfhémoglobine  (HbSFe2+).

La sulfhémoglobine résulte d’une interaction d’addition irréversible. Contrairement à la méthémoglobine, elle ne saurait donc, tant in vivo qu’in vitro, retourner à l’état d’oxy- ou de désoxyhémoglobine, sa disparition s’accompagne obligatoirement de la disparition du globule rouge.

Sulfhémoglobinémie

La sulfhémoglobine est toujours d’origine toxique, elle s’observe essentiellement chez des sujets exposés à des agents oxydants et surtout les arylamines. Des sujets traités avec de l’acétaminophène présentaient des taux de sulfhémoglobine excédant celui de la méthémoglobine.

La dapsone

La dapsone, ou sulfone-mère, a été synthétisée pour la première fois par E. Fromm et J. Witmann en 1908 [4]E. Fromm and J. Wittmann, Berichte Deutsch Chem. Ges., vol. 41, 1908, p. 2266.Elle est principalement connue pour son effet antilépreux (étant associée en trithérapie à la rifampicine et à la clofazimine) ainsi que antidermatique.

Elle possède une activité bactériostatique (c’est-à-dire qu’elle empêche les bactéries de se multiplier, sans pour autant les tuer directement) contre Mycobacterium leprae (ou « bacille de Hansen ») permettant de stopper la lèpre et de limiter ses effets invalidants après 3 ans de traitement en moyenne.

La dapsone est également connue pour former méthémoglobine et sulfhémoglobine. Un tableau associant des problèmes intestinaux le plus souvent de type cyanose et constipation a été défini sous le terme de cyanose entérogène, il suit le plus souvent la prise d’un médicament oxydant.

 

Dapsone
Structure de la dapsone

Une sulfhémoglobinémie à 3% est équivalente à une méthéloglobinémie à 10%.

Mécanismes de réduction de la méthémoglobine

Dans le globule rouge normal quatre mécanismes peuvent être mis en jeu pour maintenir le fer de l’hémoglobine à l’état ferreux (Fe2+) ou réduire la méthémoglobine.

Les voies de réduction de la méthémoglobine sont enzymatiques et sont couplées aux mécanismes de la glycolyse érythrocytaire.

La réduction de la méthémoglobine nécessite l’apport d’hydrogène. Celui-ci est amené par les transporteurs d’hydrogène (NADP, NAD). Ils le reçoivent des réactions de déshydrogénation de la glycolyse, d’où l’importance du glucose comme donneur d’électrons.

Réduction de la méthémoglobine (schéma général)
Réduction de la méthémoglobine (schéma général)

Voie anaérobie NADH-Dépendante (voie principale)

Le système NADH-cytochrome-b5-réductase ou MethHb-réductase-NADH-dépendante est la voie principale, liée à la glycolyse anaérobie de la réduction de la méthémoglobine in vivo [5]P. Barriot, V. Danel.Intoxications aiguës en réanimation. 1999. Pages ...continue

La NADH-cytochrome-b5-réductase est une flavoprotéine dont le rôle immédiat est de réduire une hémoprotéine, le cyt b5. L’enzyme utilise les électrons du NADH pour réduire une forme soluble du cytochrome b5, ce dernier réduit à son tour le fer de la méthémoglobine de façon non enzymatique [6]P. Barriot, V. Danel.Intoxications aiguës en réanimation. 1999. Page 42. Le cyt b2 est donc un intermédiaire physiologique indispensable la réductase, NADH, et la méthémoglobine.

Ce système NADH dépendant n’est pleinement efficace avant l’age de 4 mois [7]P. Barriot, V. Danel.Intoxications aiguës en réanimation. 1999. Pages 42, ce qui explique une plus grande sensibilité des nourrissons à l’effet des agents oxydants. L’absence de l’activité de ce système enzymatique est à l’origine d’une méthémoglobinémie congénitale, maladie héréditaire à transmission récessive autosomique.

Voie anaérobie NADH2 -Dépendante
Voie anaérobie NADH2 -Dépendante

Voie aérobie NADPH2 -dépendante (voie potentielle ou accessoire)

Le système de la NADPH-méthémoglobine-réductase (diaphorase) à la différence de la voie principale NADH-dépendante, n’exerce qu’un rôle physiologique modeste dans la réduction de la MetHb car cette dernière réaction requiert la présence d’un accepteur intermédiaire d’électrons qui n’existe pas dans l’organisme. Le bleu de méthylène va jouer ce rôle en thérapeutique. (Fig) [8]M. Vaubourdolle. Toxicologie, Sciences mathématiques, Physiques et ...continue

Voie aérobie NADPH2 -dépendante
Voie aérobie NADPH2 -dépendante

Cette voie aboutit à la formation de pentoses et de NADP.

Le bleu de méthylène franchit la membrane érythrocytaire et est retenu par l’hématie contre un gradient de concentration. En présence de NADPH, le bleu de méthylène est alors réduit en leucobleu qui à son tour réduit la méthémoglobine.

Ces processus nécessitent l’intégrité du globule rouge et du shunt pentoses. Ainsi l’intoxication par les chlorates, le bleu de méthylène est le plus souvent inefficace : l’inactivation de la G6PD ainsi que des altérations de la membrane érythrocytaire provoquées par les chlorates expliquent cette inefficacité. [9]P. Barriot, V. Danel.Intoxications aiguës en réanimation. 1999. Pages 43

Le donneur d’électrons étant le NADPH, celui-ci étant produit par le shunt des pentoses, la présence de la G6PD est essentielle dans les déficits en G6PD, la réduction de la méthémoglobine n’est pas accélérée par le bleu de méthylène.

In vitro, l’acide ascorbique et le glutathion réduit réduisent directement mais lentement la MetHb. Leur rôle dans la réduction de la méthémoglobine in vivo est probablement minime. [10]P. Barriot, V. Danel.Intoxications aiguës en réanimation. 1999. Pages 43

Cette voie est également inutile lors d’intoxication des personnes ayant un déficit en G6PD.

Réduction par le glutathion

C’est une voie secondaire qui permet la réduction de 10 à 15 % de la MetHb physiologique [11]M. Vaubourdolle. Toxicologie, Sciences mathématiques, Physiques et ...continue. Elle est lente liée à la voie des pentoses

Enzyme: Glutathion réductase  et le cofacteur NADPH (glycolyse aérobie).

Réduction par le glutathion
Réduction par le glutathion

Réduction par l’acide ascorbique

Voie secondaire (réduction de moins de 15% de la MethHb physiologique). Elle est lente et insuffisante en présence d’une intoxication. Cette voie est liée à la voie des pentoses.[12]M. Vaubourdolle. Toxicologie, Sciences mathématiques, Physiques et ...continue

Cofacteur : NADP

C’est le glutathion qui permet la réduction de l’acide ascorbique, qui à son tours réduit la metHb.

Réduction par l'acide ascorbique
Réduction par l’acide ascorbique

Autres voies mineures

Le NADH,H+  et NADPH,H, la cystéine et l’ergothionéine ont également un rôle limité dans la réduction de la méthémoglobine.

Facteurs favorisant la formation de la méthémoglobine

La formation  de la méthémoglobine peut être favorisée chez :

  • Les nouveaux-nés et les nourrissons: ils sont plus sensibles car la majeure partie de leur Hb est HbF qui est deux fois plus oxydable que l’HbA. De plus, il existe un déficit enzymatique en diaphorase au niveau du globule rouge qui persiste jusqu’à 4 mois, ce qui explique la fréquence des intoxications accidentelles chez le nouveau-né et le nourrisson.
  • Les sujets déficients en G6PD car la formation de NADPH est impossible.
  • Les sujets présentant des troubles digestifs: gastrite, gastroctomie.
  • Les alcooliques : l’alcool provoque l’oxydation de l’hémoglobine et inhibe la voie NADPH2 dépendante.

Principaux agents méthémoglobinisants

Les agents méthémoglobinisants sont classés de différentes manières

  1. Classification selon nature chimique
  2. Classification selon le mode d’action
  3. Classification selon l’origine de l’intoxication

 Selon la nature chimique

Composés minéraux

Nitrites NO2 :  Agissent en tant que tels ou proviennent de la réduction des nitrates NO3- par les bactéries de la flore intestinale. Origine : engrais, eaux polluées, additifs alimentaires.

DL : 100 mg/kg /homme

Chlorates : Origine: allumettes, teintures et colorants, herbicides(accidents). Le chlorate de sodium est un herbicide responsable d’intoxications le plus souvent suicidaires. L’ion chlorate est puissamment oxydant et provoque une hémolyse massive. L’hémoglobine libérée est oxydée de façon irréversible en méthémoglobine.     

DL : 10-15 g / homme

Les intoxications aiguës : après une période de latence de plusieurs heures parfois

Permanganate de potassium KMnO4 :

DL : 10-20 g / homme.

Origine: antiseptique dermatologique.

Composés organiques

Dérivés aminés  aromatiques
Dérivés de l’aniline:

Origine : 

  • Médicaments (phénacétine, benzocaïne)
  • Industrie (aniline, colorants, toluidine …)
  • Produits ménagers (trichlorocarbanilide …)

Mécanisme d’action toxique :

Bio activation (oxydation hépatique)  :  phénylhydroxylamine (hydroxyaniline) agent méthémoglobinisant qui réagit avec Hb et O2  et donne MetHb et nitrosobenzène.

Dérivés nitrés du toluène : Origine industrie des explosifs et des teintures son métabolite actif et la phénylhydroxylamine qui possède une action toxique sur le SNC et le foie.

Trinitroglycérine: c’est un explosif,  vasodilatateur coronarien.

Autres dérivés organiques :

  • Naphtalène : synthèse organique , insecticide
  • P- dichlorobenzène : désodorisant et antimite
  • Sulfones :antilepreux
  • Sulfamides
  • Primaquine:antipaludéen,en cas de déficit en G6PD (++)
  • Bleu de méthylène (antidote metHb) : surdosage ou déficit en G6PD

Selon le mode d’action

Substances susceptibles d’oxyder l’hémoglobine par action directe

  • Ferricyanures
  • Cuivre
  • Peroxyde d’hydrogène
  • Hydroxylamine
  • Chlorates

Substances exigeant une transformation biochimique

  • Aniline
  • Sulfanilamide

Selon l’origine de l’intoxication

  • Médicamenteuse : sulfamides ,primaquine.
  • Alimentaire :   nitrates,nitrites.
  • Professionnelle : aniline , toluidine , naphtalène.

Effets toxiques

Effets des méthémoglobinisants

  • Formation de la  MetHb par Oxydation de l’ Hb.
  • Lyse membrane par Peroxydation lipidique.
  • Formation de corps de Heinz et Lyse cellulaire suite à la dénaturation et précipitation de l’ Hb : hémolyse souvent associée à une méthémoglobinurie.

Effets de l’oxydation du fer de l’hémoglobine

Le fer ferrique (ion Fe3+)  établit 6 liaisons de coordination dont : 

  •    4 avec Noyau tétrapyrole
  •    1 avec histidine de globine
  •    1 avec H20

La liaison avec l’oxygène est impossible. En outre, il y a lieu d’une oxydation du  fer  et une augmentation de l’affinité de l’ Hb pour l’oxygène, la courbe de de dissociation de l’oxyhémoglobine est déplacée, il y ‘aura donc diminution du relargage de l’oxygène: hypoxie.

Conséquences de la présence de la MetHb dans le sang

La MetHb est un pigment brun chocolat, lorsque la MetHb est  libre dans le plasma à la suite d’une hémolyse, elle perd facilement son hème qui se fixe sur l’albumine pour donner la methémalbumine qui donne une coloration noire au plasma.

Symptomatologie

Les signes cliniques sont parallèles au niveau de la méthémoglobinémie:

  • 0 – 15% : aucun symptôme.
  • 15-20%: couleur brun chocolat du sang, cyanose
  • 20-45%: dyspnée, asthénie, vertiges, céphalées, syncope.
  • 45-55%: troubles de la conscience.
  • 55-70%: coma, convulsions, défaillance circulatoire, troubles du rythme.
  • >70%: mort en l’absence du traitement.

Diagnostic et traitement

Le diagnostic repose essentiellement sur l’anamnèse, la constatation d’une cyanose et le taux de la MetHb.

L’aspect brun chocolat et épais du sang recueilli pour les examens biologiques est très évocateur. On peut, à l’hôpital au lit du malade, faire barboter de l’oxygène pur dans le sang ; celui-ci garde sa couleur.

Lorsqu’on ne dispose pas de source d’oxygène, on peut prélever 1 ml de sang dans une seringue de 10 ml. On remplit le reste de la seringue avec de l’air. On obture et on secoue énergiquement pendant une minute. Si le sang garde sa couleur chocolat, il existe une méthémoglobinémie.

L’étude des gaz du sang s’avère normale.

Diagnostic différentiel

C’est le problème du diagnostic d’une cyanose généralisée.

En période néonatale, le pédiatre est orienté vers une cardiopathie congénitale (transposition des gros vaisseaux etc…) , une pathologie respiratoire ou une cause neurologique (méningite, hématome,etc…).

L’absence de signe clinique associé est un argument de valeur sauf lorsque le taux de méthémoglobine est élevé et s’accompagne de symptômes d’hypoxie (essoufflement,douleurs thoraciques,…).

Traitement

Traitement symptomatique 

Oxygénothérapie et  maintien des fonctions vitales (ex : Benzodiazépines en cas de convulsions)

Traitement évacuateur

Projection : décontamination cutanée par lavage abondant à l’eau et au savon.

Ingestion : lavage gastrique  purgatif et vomitif.

Exposition aux poussières : nettoyage des téguments – irrigation nasale.

Traitement spécifique : antidotes

Bleu de méthylène (BM) : Mode d’action : BM réduit (leucobleu) est un donneur d’électrons, il provoque la réduction de la MetHb par la diaphorase et le GSH. L’utilisation doit être avec précaution car il est lui-même méthémoglobinisant. Ce traitement est indiqué en cas de méthémoglobinémies>30%. Il est cependant contre-indiqué d’administrer du bleu de méthylène en cas de déficit en G6PD.

Administration :

  • Chez l’adulte par IV lente solution BM à 1%  : 1 à 2 mg/Kg  tant que le taux de métHb n’est pas redescendu au dessous de 10% ou plus.

En raison de son élimination principalement urinaire, il doit être utilisé avec prudence en cas d’insuffisance rénale.

Les effets indésirables du bleu de méthylène sont principalement : nausées, vomissements, douleurs abdominales, vertiges. A doses supérieure à 7-10 mg/kg, il est hémolysant et peut déclencher paradoxalement une méthémoglobinémie.

L’acide ascorbique est moins actif, agit plus lentement que le BM, plus inoffensif, il est indiqué en cas de méthémoglobinémies légères, administré à une dose de 0.5 g en IV puis 1 g toute les 3 heures jusqu’à disparition des symptômes (administration per os si déficit enzymatique).

Traitement épurateur 

Si la méthémoglobinémie ne répond pas au traitement (intoxication rebelle au BM), il faut instaurer alors une exsanguino-transfusion.

Note: En présence d’hémoglobinose M aucun traitement n’est connu pour l’instant.

Analyse

Milieu biologique : Sang ( sous anticoagulant). Le NaF doit être proscrit  car la formation de fluorometHb conduit à des erreurs analytiques.

Méthodes de spectrophotométrie visible (techniques manuelles)

Méthode de Kaplan

Le principe est basé sur le fait que la  MetHb et HbO2  ont 2 max d’absorption différents. On effectue 2 mesures :

  • A  525 nm : HbO2 et MetHb absorbent de la même façon.
  • A 577 nm : la plus grande différence.
  • Rapport : DO 577 nm / DO 525 nm  → % MetHb
Absorbance de l'oxyhémoglobine et de la méthémoglobine
Absorbance de l’oxyhémoglobine et de la méthémoglobine

Méthode d’Evelyn-Malloy (Formation de cyanméthémoglobine)

Le principe du dosage de la méthémoglobinémie repose sur la mesure de l’absorption optique à 620 nm d’une dilution sanguine avant et après la transformation totale de Hb en metHb et Cyan-méthémoglobine. (cf. Recherche et dosage de la méthémoglobine).

Réactifs:

Solution 1 : solution de phsophate diacide de Potassium

Solution 2 : Solution de phosphate dissodique

Réactif 1) solution tampon phosphate (extemporanée)

Réactif 2) Solution neutralisée de KCN

Introduire 10 ml du Réactif 1) dans un tube à base conique, puis Ajouter 0.2 ml du sang recueilli sur NaF et homogénéiser. Agiter et laisser reposer, puis centrifuger 10 mn à 3000 tour/min.

Dans 3 tubes à essai introduire 3 ml du surnageant.

Tube 1) mesurer la densité optique directe à 620 nm soit :
 A = A (HBO2 + Hb + MetHb sang + impuretés)

Tube 2) Ajouter 1 goutte du Réactif 2) (KCN) :
Le MetHB → CNMetHB (A=0)

B = A (HBO2 + Hb + impuretés)

Soit A-B = A (MetHb sang)

Tube 3) Ajouter une goutte de R3 (Ferricyanure de K)
Toute Hb → MetHb
C = Σ A ( MetHb + impuretés)

Ajouter dans la cuve une goutte du Réactif 2)
MetHb → CyanMethHb
D = A (impuretés)

Donc : C-D = Σ MetHb

C-D → 100%
A-B → X %

X% = % MetHb dans le sang =(A-b)/(C-D) x 100
La valeur normale ≤ 2%

Limite de détection :  La technique utilisée doit permettre de détecter au moins 2 % de méthémoglobine avec une imprécision inférieure à 1 % sur le résultat.

  L’interprétation du résultat doit tenir compte :

  • Du traitement (antidote) éventuellement mis en oeuvre avant le prélèvement,
  • Du conditionnement de l’échantillon (certains bouchons relarguent des substances méthémoglobinisantes),
  • De la durée et des conditions de conservation de l’échantillon (la méthémoglobine peut se former lors du vieillissement de l’échantillon),
  • De l’état de l’échantillon à analyser (attention au sang putréfié).

Techniques automatisées

Plusieurs laboratoires utilisent des techniques de mesures automatisées mises en oeuvre sur des CO-oxymètres.

Le CO-oxymètre est un appareil multilongueur d’onde qui mesure de façon exacte et précise les 5 formes d’hémoglobine (oxyhémoglobine, déoxyhémoglobine, carboxyhémoglobine, méthémoglobine et sulfhémoglobine) éventuellement présentes en concentrations significatives dans un échantillon sanguin ; le taux de méthémoglobine est rendu en pourcentage de l’hémoglobine totale.

 

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Références   [ + ]

1. SUPPLÉMENTATION AU COURS DE LA GROSSESSE [Internet]. [cited 2014 Mar 23]. Available from:http://www.gyneweb.fr/Sources/gdpublic/neufmois/suppl_gr.htm
2. Site web: http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9moglobine_f%C5%93tale, consulté le 15/04/2015
3. Michel VaubourdolleToxicologie, Sciences mathématiques, Physiques et Chimiques, 2007, Page 390
4. E. Fromm and J. Wittmann, Berichte Deutsch Chem. Ges., vol. 41, 1908, p. 2266.
5. P. Barriot, V. Danel.Intoxications aiguës en réanimation. 1999. Pages 42-44.
6. P. Barriot, V. Danel.Intoxications aiguës en réanimation. 1999. Page 42
7. P. Barriot, V. Danel.Intoxications aiguës en réanimation. 1999. Pages 42
8, 11. M. Vaubourdolle. Toxicologie, Sciences mathématiques, Physiques et Chimiques. 2007. Pages 391-392
9, 10. P. Barriot, V. Danel.Intoxications aiguës en réanimation. 1999. Pages 43
12. M. Vaubourdolle. Toxicologie, Sciences mathématiques, Physiques et Chimiques. 2007. Page 392
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