Abonnez-vous par e-mail.

    Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

    Rejoignez 45 autres abonnés

Toxicité chronique

La toxicité chronique regroupe l’ensemble des effets délétères qui touchent un organisme vivant suite à une exposition ou à une administration habituellement d’un toxique à des doses multiples –non létales. Ces doses, individuellement, sont insuffisantes pour provoquer un effet immédiat. L’exposition doit être répétée sur une longue période pour causer des effets néfastes. L’apparition de ces effets est souvent insidieuse de manifestation brutale sans aucun symptôme alarmant, elle peut être réversible ou irréversible. Il se peut qu’il y ait  une sommation de doses absorbées jusqu’à atteindre la dose seuil  (c’est le cas de toxiques à effet dus à l’accumulation de doses comme le Pb – saturnisme). Il se peut qu’il y ait sommation des effets comme dans le cas des substances irritantes ou le cas du tabagisme passif et l’intoxication chronique au CO, ou encore les mutagènes (c’est le cas de toxiques à effets cumulatifs).

Article relatifObjectifs de l’évaluation de la Toxicité Chronique.

Mécanisme réactionnel

Toxicité chronique par accumulation de doses

L’accumulation du toxique (cas de toxique cumulatif) résulte de l’augmentation progressive de la concentration du toxique à l’intérieur de l’organisme quand son élimination demeure inférieure à son absorption, ainsi, quand cette concentration atteint la dose seuil elle sera directement responsable des effets néfastes, ce phénomène et donc dépendant de la dose. Ces effets sont proportionnels à la dose et pourraient être réversibles si le processus d’élimination parvient suffisamment à éliminer le toxique après arrêt de l’exposition.

Intoxication chronique au Pb causant un liseré dentaire de Pb.

L’accumulation des toxiques cumulatifs dans l’organisme est favorisée par des facteurs propres au toxique : à savoir, physiques tels que la solubilité : les toxiques liposolubles s’accumulent plus dans les tissus adipeux que les toxiques hydrosolubles. Chimiques : exemple du Plomb 82Pb métal lourd appartenant à la famille des cristallogènes exerce une action thioloprive (affinité pour les groupements thiol des protides) sur les enzymes catalysant la  biosynthèse de l’hème et de la globine : toxicité sanguine (anémies microcytaires).  Biologiques : 80Hg Le mercure est un métal lourd très dangereux sous sa forme organométallique monométhylmercure CH3Hg+, Xil est hautement toxique, son action néphrotoxique est directement responsable de l’altération du processus d’élimination rénale.

Certains toxiques s’accumulent dans les tissus sans entrainer aucun effet néfaste. Ces toxiques sont dangereux, car peuvent devenir, dans des conditions bien déterminées, très toxiques. Exemple : le cadmium 48Cd stocké au niveau du  foie pourrait être libéré suite à des atteintes hépatiques provoquant ainsi des lésions tubulaires rénales.

Toxicité chronique par accumulation d’effets toxiques

L’accumulation des effets toxiques résulte d’une exposition répétée et prolongée au toxique sans accumulation de ce dernier. Ce phénomène est souvent irréversible et indépendant de la dose. 

Figure 1. structure chimique du n-Hexane

Ex : n-Hexane est un solvant organique utilisé en chimie organique notamment pour les réactions d’extraction,  sa toxicité se manifeste par la formation d’un métabolite produit lors de la dégradation hépatique: l’hexane-2,5-dione, un composé dicarbonylé  qui attaque les terminaisons nerveuses des doigts et des orteils, leur régénération étant difficile, alors que l’exposition permanente continue d’augmenter les dommages causés aux cellules nerveuses.

Figure 2.  structure chimique de la hexane-2,5-dione

Type de liaison toxique –récepteur et l’action toxique

L’Énergie de la liaison chimique établie  entre toxique et la cible détermine la durée et la réversibilité du mécanisme de l’accumulation toxique. Les liaisons réversibles (non covalentes), cas des systèmes enzymatiques (cibles physiologiques du toxique) ces derniers étant rarement saturables, leur activité reste pratiquement égale à la concentration du toxique. L’action du toxique est liée alors à sa concentration dans les fluides organiques et disparait avec son élimination. Une liaison non covalente (réversible) engendre des effets toxiques cumulatifs aigus à court terme sans bio-activation préalable du toxique. La liaison carbamates anticholinestérasiques-cholinestérase de type non covalente peut être rompue par compétition d’un autre composé plus affin au cholinestérase que le toxique, ce dernier se détache de la cible physiologique (enzyme) d’où la réversibilité de l’effet.

Liaisons irréversibles : Certaines substances mutagènes cancérigènes possèdent une grande affinité à l’ADN, la liaison est de type covalent irréversible et est donc directement responsable de la sommation totale des effets toxiques et la persistance de la toxicité. C’est le cas du Bromure d’éthidium (BEt) agent  intercalent utilisé comme marqueur d’acide nucléique en biologie moléculaire, hautement toxique par son pouvoir mutagène mais aussi cancérigène et tératogène.

Figure 3.  structure chimique du Bromure d’éthidium (BEt)

Buts de l’Évaluation de la toxicité chronique

Lire l’article détailléObjectifs de l’évaluation de la Toxicité Chronique.

Les objectifs de l’évaluation de la toxicité chronique sont (1) estimer la dose sans effet toxique (NOEL) (2) déterminer le niveau d’exposition admissible DJA (mg/Kg) = NOEL/fSécurité (3) définir le mécanisme d’action et les interactions avec d’autres substances chimiques (4) prédire le type de lésions susceptible d’apparaitre lors des expositions répétées.

Étude de la cancérogénèse

La cancérogenèse est l’ensemble des phénomènes transformant une cellule normale en une cellule cancéreuse.

Un cancérogène est un facteur qui provoque, aggrave ou sensibilise l’apparition d’un cancer.

La réponse de l’organisme à un carcinogène peut prendre les formes suivante (1) développement de tumeurs qui n’existe pas chez les témoins (2) apparition précoce de tumeurs par rapport aux témoins (3) augmentation du nombre de tumeurs par rapport au témoins ou des fréquences de (01) ou plusieurs tumeurs qui existe chez les témoins.

Share Button

Comments

comments

Sidebar